Editorial de Stéphane CHERKI : Vie privée, vie publique…

Depuis trois semaines, la France vit à l’anglo-saxonne, au rythme des vraies-fausses révélations autour des supposées turpitudes de nos responsables politiques. Aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne, le déballage est quasi-quotidien. Elus, ministres, chefs d’entreprises, artistes et sportifs sont sous la haute surveillance des tabloïds souvent déchaînés. Tout y passe : l’addiction au sexe qui frappe un champion de golf, l’enfant adultérin d’un acteur devenu homme politique, les aventures d’un parlementaire aux positions pourtant très conservatrices….

Dans tous ces cas-là, la sanction ne tarde pas à tomber : l’opprobre générale, mais surtout la démission pour les élus et l’arrêt plus ou moins momentané d’une carrière pour un chanteur ou un sportif. La lessiveuse tourne à un rythme spectaculaire. Elle donne même le tournis et lave plus blanc que le blanc.

Faut-il se réjouir que la France ait jusqu’à présent échappé à cette règle du jeu ? Oui, certainement. En effet, le respect de la vie privée doit rester un principe fondamental de notre Etat de droit : c’est pourquoi l’arsenal législatif nous protège contre les malveillances de tous ordres. Hélas, elle profite aussi à certaines « canailles » au fait des lois. On ne peut pas tout dire, même la vérité. On ne peut pas tout écrire. C’est certainement heureux, mais certains en profitent allègrement !

L’omerta à la française a ses limites. Un exemple : pendant ses deux mandats à l’Elysée, François Mitterrand gérait sa double vie dans un appartement de la République. On ne l’a su que trop tard, et personne ne s’en ai vraiment offusqué. De même pour la maladie du président socialiste : il est incroyable qu’aucun journaliste n’est cru bon de révéler qu’il était atteint d’un cancer depuis l’année de sa première élection, en 1981 !!

Reconnaissons-le : l’affaire DSK a levé un tabou. La parole va se libérer de toutes parts. Pourquoi pas, mais prenons garde à ne pas tout mélanger dans un joyeux désordre : les maris volages, les coureurs de jupons, les harceleurs chroniques, les libertins, les machos, les goujats ou les rois des sms et des emails. A suivre…

Stéphane Cherki

Source : Le Petit Niçois Juin 2011

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(1) Commentaires

  1. Avec vous pour ce nouveau challenge Mr Cherki. Votre parcours est rare et exceptionnel. N’en déplaise à certains de vos contradicteurs !

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